Le Golf-Drouot, club où le rock français a fait ses débuts
Pendant un quart de siècle, un escalier du 9e arrondissement a mené des milliers de jeunes musiciens vers une petite scène. Voici l'histoire datée du club et de l'homme qui l'a fait vivre, Henri Leproux.

Le Golf-Drouot a été la première discothèque rock de Paris, surnommée le « temple du rock ». On y accédait par un escalier situé au 2, rue Drouot, dans le 9e arrondissement, au-dessus du Café d'Angleterre, à l'angle du boulevard Montmartre. Le club a accueilli de jeunes groupes de la fin des années 1950 jusqu'à sa fermeture, le 22 novembre 1981.
Un site consacré au club existe aujourd'hui sous le nom de Golf Drouot ; cette page est un récit indépendant, construit à partir de Wikipédia, de la Bibliothèque nationale de France et des archives de l'INA.
Du minigolf au juke-box : la genèse du club
À l'origine, en 1955, le lieu est un salon de thé doté d'un minigolf intérieur à neuf trous, qui attire peu de monde. La BnF retient d'ailleurs 1955 comme date de fondation de l'établissement. Henri Leproux y est engagé comme barman.
En 1957, il installe un juke-box pour attirer une clientèle jeune, passionnée de musique américaine. Le minigolf disparaît, la musique prend sa place, et le lieu devient une discothèque en 1961.
| Date | Étape |
|---|---|
| 1955 | Salon de thé avec minigolf intérieur |
| 1957 | Installation d'un juke-box par Henri Leproux |
| 1961 | Le lieu devient une discothèque ; tournage de la première émission Âge tendre et tête de bois |
| 1962 | Lancement du tremplin du vendredi soir |
| 1965 à 1970 | Passage de groupes anglais (The Who, David Bowie, Free) |
| 22 novembre 1981 | Dernier concert et fermeture |
| 24 février 2014 | Pose d'une plaque commémorative au 2, rue Drouot |
Henri Leproux, l'homme du Golf
Henri Leproux est né le 22 janvier 1928 à Paris et mort le 12 juin 2014. Avant le club, il avait été barman au Lido. Il a dirigé le Golf pendant vingt-six ans.
Sa façon de tenir le lieu a beaucoup compté. Il jouait des disques américains alors difficiles à trouver en France et pratiquait des prix bas pour les consommations, afin de garder une clientèle très jeune. Avec son épouse Colette, installée à la caisse en haut de l'escalier, il accueillait lui-même le public.
En 1982, il a raconté cette histoire dans un livre écrit avec Alice Hubel, Le Temple du rock : Golf Drouot, publié chez Robert Laffont. Il y donne la liste des groupes qui avaient obtenu le « diplôme » du club entre 1960 et 1981.
- Rôle : barman, puis créateur et directeur du club
- Idées clés : le juke-box (1957), le tremplin (1962)
- Livre : Le Temple du rock : Golf Drouot (Robert Laffont, 1982)
Le tremplin du vendredi soir
Dès le début de 1962, Henri Leproux invite des musiciens et chanteurs amateurs à monter sur scène et récompense les meilleurs. C'est ce tremplin qui fait la réputation du club. Quatre ou cinq groupes se succèdent, chacun dispose d'environ une demi-heure, et celui qui arrive en tête du vote du public peut revenir et gagner une séance d'enregistrement en studio.
Les années yé-yé et les débuts de Johnny Hallyday
À la fin des années 1950, les futurs Johnny Hallyday et Eddy Mitchell, alors chanteur des Cinq Rocks devenus les Chaussettes noires, comptent parmi les premiers à s'y produire. On y croise aussi Les Tritons, avec Jacques Dutronc à la guitare. En janvier 1960, Johnny Hallyday signe un contrat d'enregistrement et fait écouter son premier 45 tours, T'aimer follement, aux habitués du Golf.
Le club devient aussi un décor de télévision. La première émission d'Âge tendre et tête de bois y est filmée en 1961, et l'INA conserve un extrait du 19 juin 1962 où Sylvie Vartan chante Les vacances se suivent sur la scène du club, présentée par Albert Raisner.
| Artistes passés par la scène | Période |
|---|---|
| Johnny Hallyday, Eddy Mitchell, Les Tritons | Fin des années 1950 |
| Vince Taylor, Les Chats sauvages, Les Pirates | Années 1960 |
| The Who, David Bowie, Free | 1965 à 1970 |
| Magma, Martin Circus, Ange | Années 1970 |
| Dogs, Little Bob | Fin des années 1970 |
La fermeture de 1981 et la mémoire du lieu
Au début des années 1980, le club s'essouffle face à la multiplication des boîtes parisiennes. Il ferme le 22 novembre 1981, après un ultime concert, et le Café d'Angleterre laisse place à un restaurant rapide. Un reportage de TF1 diffusé le même jour, conservé par l'INA, montre cette dernière soirée avec des témoignages d'habitués et d'Henri Leproux.
Le 24 février 2014, le maire de Paris Bertrand Delanoë inaugure une plaque commémorative à l'endroit même de l'entrée. Plusieurs chansons gardent aussi le nom du lieu : Dick Rivers lui consacre Laissez-nous le Golf-Drouot en 1981.
Pour prolonger, parcourez les guides Artistes et histoire ou notre sélection de livres sur la musique. D'autres parcours d'artistes sont racontés sur le site, de Quincy Jones au groupe Sexion d'Assaut, et tous les guides partent de l'accueil de Top Musique.
Questions fréquentes
Où se trouvait le Golf-Drouot ?
L'escalier d'accès se trouvait au 2, rue Drouot, dans le 9e arrondissement de Paris, au-dessus du Café d'Angleterre, à l'angle du boulevard Montmartre. Une plaque commémorative y est posée depuis le 24 février 2014.
Qui était Henri Leproux ?
Le créateur et directeur du club, qu'il a dirigé pendant vingt-six ans. Ancien barman, il y installe un juke-box en 1957 puis lance le tremplin en 1962. Il est mort le 12 juin 2014.
Quand le Golf-Drouot a-t-il fermé ?
Le 22 novembre 1981, après un dernier concert. Les locaux ont changé d'affectation et le Café d'Angleterre est devenu un restaurant rapide.
Qu'était le tremplin du Golf-Drouot ?
Un concours ouvert aux amateurs, lancé en 1962 : quatre ou cinq groupes jouaient environ une demi-heure chacun, et le gagnant du vote du public pouvait revenir et gagner une séance d'enregistrement.
Quels artistes célèbres y ont joué ?
Johnny Hallyday et Eddy Mitchell à leurs débuts, Les Chats sauvages, Vince Taylor, puis The Who, David Bowie et Free entre 1965 et 1970, et des groupes comme Magma ou Ange.